La méthode Claeys
Si elle semble œcuménique dans l’esprit, la méthode d’Alain Claeys vise avant tout à endormir les oppositions. De ce point de vue, le maire a beaucoup communiqué sur l’implication des élus non majoritaires, mais pratiquement les circuits d’information sont à géométrie variable voire parfois inexistants (cf. par exemple, le débat d’orientation budgétaire et les chiffres erronés, modifiés entre la commission des finances et le conseil municipal, distribués en guise de document d’analyse), sans parler des documents promis qui sont toujours attendus… Une minorité cela reste toujours encombrant et nous déplorerons les réactions théâtralisées à nos suggestions ou remarques qui permettent d’éviter de répondre sur le fond. Bien souvent nos propositions sont niées ou reprises (notre intervention sur la « grande passerelle » et sa dangerosité en octobre), comme émanant d’une prise de conscience interne de la majorité… Cela nous conforte quant à l’utilité des contre pouvoirs même municipaux.
L’action du maire
Grosso modo UN CINQUIEME du programme que j’avais proposé aux Poitevins est mis en œuvre ou en passe de l’être, c'est pourquoi le qualificatif d'opposition ne peut s'appliquer à ces mesures que nous avions, nous même, préconisées.
Par contre, au regard de notre programme, nous nous opposons (ce sera le cas lors du vote du budget à la fin du mois) à cette politique qui vise à augmenter, année après année, le niveau de notre fiscalité locale (40% en 8 ans, encore 4% supplémentaires cette année), et cela en période de crise où la précarisation et les difficultés des familles s’accroissent. C'est un très gros point de désaccord avec la politique menée. Nous concédons néanmoins que l’héritage est financièrement plus « plombé » encore que ce à quoi on pouvait s’attendre. Aveu terrible, Jacques Santrot disait, en fin de mandat, qu’il lui avait manqué 2 à 3 millions d’euros par an… encore n’incluait-il pas le coût du fonctionnement annuel du Théâtre-auditorium, soit 2 millions d’euros supplémentaires.
Maintenir la pression
Notre action, nos éclairages et nos prises de position s’attachent aussi à orienter l’action municipale, pour tenter d’éviter les erreurs du passé. L’anticipation est plus que jamais indispensable et il n’est, en effet, pire décision que de se tromper sur le dimensionnement d’un équipement public, comme le gymnase de St Eloi que nous allons inaugurer. Nous insistons sur l’obligation de réflexion en amont concernant les zones à aménager et leur inscription dans le tissus de desserte (rue Guyemer), nous y incluons désormais l'articulation de la voirie « grande passerelle » future avec Solférino et plus encore avenue de Nantes/ rue de la Roche/Maillochon.
Sur le rythme trop lent à notre goût du retraitement des écoles et salles de classes, nous maintiendrons la pression.
Sur la timidité des évolutions en matière de réduction des dépenses énergétiques et sur la production d’énergie (en installant plus massivement des panneaux solaires sur nos bâtiments, par exemple), nous renouvellerons nos propositions.
Sur la rénovation indispensable du marché Notre Dame, nous tenterons de convaincre.
Alain Claeys peut être rassuré, nous continuerons sur ce même registre d’une participation active, critique ET constructive pour l’avenir de Poitiers dont il n’a pas, par ailleurs, le monopole du cœur.
Philippe Mahou