Hommage à Agathon Lepève

En présentant le thème de la soirée, Philippe Mahou, animateur des "apéros Poitiers 2008", insistait sur l'engagement de la municipalité Vertadier (1965 - 1977). "Nous devons à la mairie d'alors les équipements que nous utilisons toujours aujourd'hui : la salle Lawson Body, la patinoire, la piscine olympique, le centre équestre, l'ensemble des équipements sportifs universitaires, l'extension des terrains de foot du stade Rébeilleau, du club house et des terrains de tennis... C'est bien grâce à l'impulsion donnée par cette équipe et, en particulier, à l'action d'Agathon Lepève que Poitiers a été élue en 1970, la ville la plus sportive de France" a souligné Philippe Mahou.

Aucune aide de la mairie

Evoquant le sport de haut niveau, Mahyar Monshipour a clairement dénoncé les subventions considérables versées aux grands clubs : "ce sont de véritables entreprises. Elles doivent améliorer leur autofinancement et moins compter sur l'argent des contribuables" et regretté au contraire le non-engagement de la mairie de Poitiers en matière de détection, d'accompagnement et de réinsertion pour le sport individuel. "Je n'ai jamais été reçu ni aidé par la municipalité de Poitiers. Pour la Ville, je suis inconnu au bataillon et heureusement qu'il y a eu le Conseil général. La mairie a ignoré mes besoins en terme d'entraînement. Elle a déménagé sans prévenir la salle de boxe vers la Cassette... imaginez comme c'est pratique pour les jeunes sans voiture... et, pendant un an, on s'est douché dans une structure modulaire. Je crois qu'à la mairie, on n'aime pas profondément le sport" a martelé le champion.

Le sport n'est pas une danseuse

Capacité des salles de basket, de volley, état de la piste du stade d'athlétisme, de la salle pour le roller et le skate, du gymnase de Rivaux, du vélodrome... de nombreuses questions ont porté sur les installations sportives qualifiées de vieillissantes et d'insuffisantes par la plupart des intervenants. Mahyar Monshipour a nuancé le propos : "Poitiers n'est pas si mal équipée que ça, même si quelques vestiaires laissent effectivement a désirer. Poitiers est une petite ville où il est aisé de se rendre dans les équipements sportifs. La carte Parasol, qui permet aux jeunes de prendre le bus et d'aller gratuitement à la piscine, est une opération importante. Toutefois, on peut reprocher à la municipalité son manque d'ambition pour le vélodrome. Il fallait le couvrir; désormais personne ne l'utilise. Le sport ne doit pas être une danseuse pour les politiques, a-t-il ajouté, ils doivent avoir un projet, une vision à moyen et long terme".

En conclusion, Mayhar Monshipour insistait sur le développement du sport pour tous : "Il ne faut pas oublier le sport de masse et le sport éducatif. Il doit y avoir des éducateurs sportifs en nombre (45 à Poitiers) et ils ne doivent pas rester dans les bureaux". Philippe Mahou envisageait la signature de contrats d'objectifs entre les clubs, les sportifs de haut niveau, les collectivités territoriales et les autres partenaires et proposait qu'avec une nouvelle équipe municipale, Poitiers soit à nouveau candidate au challenge de la ville la plus sportive en 2010.