Animateur de maisons de quartiers, de centres sociaux, responsable d'ateliers participatifs, Benoît Beillet a travaillé aussi bien avec des ados qu'avec de jeunes adultes voire des personnes plus âgées en réinsertion. Dans ce domaine, il notamment une expérience de coordination de formations en insertion.

Interrogé sur la situation en matière de précarité et sur les conséquences de celle-ci à Poitiers et dans la Cap, Benoît Beillet a indiqué qu'il n'y avait pas de quartier isolé. "La programmation et les activités des maisons de quartier permettent aux plus jeunes isus de famille en difficulté de participer à des activités de groupe. Pour les adultes, ces centres sont des lieux d'écoute, d'échanges et de partage, ce qui est de nature à limiter les dérives liées à l'isolement et à l'inactivité et, au contraire, de favoriser l'insertion." Il a néanmoins souligné la montée de la violence dans certains quartiers de la ville : Blaiserie, couronneries... due essentiellement aux comportements de mineurs.

Concernant la formation professionnelle et l'insertion, l'invité a rappelé la difficulté de séparer clairement les compétences des collectivités territoriales. Il a regretté la position récente du Conseil régional qui a stoppé une dynamique en cessant de soutenir financièrement un certain nombre d'organismes de formation sous prétexte que leur travail relevait de la compétence sociale du Département. "Ces organismes ont reçu près de 400 personnnes ces deux dernières années avec des résultats probants en matière d'accès à l'emploi et de formation. Cette décision a cassé tout un réseau qui fonctionnait bien et apportait un soutien efficace à de nombreux jeunes en difficulté d'insertion."

La discussion s'est poursuivie autour de la possibilité de mettre en place un guichet unique pour une meilleure coordination des différentes structures (CCAS, maisons de quartier, financés par la mairie, mission locale d'insertion, maisons de la solidarité, financées par le Conseil général, dispositifs de formation professionnelle financés par la Région...). Benoît Beillet a précisé que la notion de "contrat" entre la personne aidée et l'organisme social, obligatoire dans la mise en place du RMI, pourrait être utilisée dans d'autres structures, telles que les maisons de quartier pour susciter un réel engagement des publics concernés.

Au sujet des "sans papiers", quelque 300 personnes sur Poitiers, différents intervenants ont souligné que la réalité recouvrait des situations très différentes : certains, déboutés du droit d'asile sont juridiquement expulsables, d'autres, clandestins, n'ont fait aucune démarche et le sont tout autant, d'autres enfin en attente d'une réponse administrative sont en règle vis à vis de la loi. "Ces gens, souvent en grande précarité, n'ont qu'une idée : donner un avenir à leurs enfants... Cette problématique complexe se nourrit de deux dimensions : le respect de la loi et la légitime compassion."