Ci dessous un article du quotidien "La Croix" paru ce matin :

la croixA Poitiers, l’ère Santrot touche à sa fin À la tête de la municipalité de Poitiers depuis plus de trente ans, le socialiste Jacques Santrot passera la main lors des élections municipales de mars 2008.

Une page se tourne à Poitiers. En mars 2008, le socialiste Jacques Santrot cédera son fauteuil de maire après trente et un ans de mandat. Ce notable de 69 ans au franc-parler légendaire, qui n’a jamais affiché d’ambition nationale, aura profondément marqué la ville de son empreinte. À gauche comme à droite, les pré­tendants à sa succession ne seront pas désignés avant fin septembre. Alain Claeys, député de la pre­mière circonscription de la Vienne et ancien directeur de cabinet du maire, est pour l’instant le seul candidat du PS en lice.

Confortablement réélu à l’As­semblée en juin dernier, cet universitaire de 59 ans part avec une bonne longueur d’avance. Ne souhaitant «ni rien changer, ni tout bouger », il entend s’appuyer sur une équipe «profondément renouvelée ». « J’ai bon espoir, mais une élection après un changement de maire n’est jamais gagnée», avertit Jacques Santrot, qui in­vite ses camarades socialistes à la vigilance.

Car la droite poitevine compte sur cette nouvelle donne pour « re- prendre la ville », selon l’expression du vice-président UMP du conseil général de la Vienne, Jean-Yves Chamard, qui ne devrait pas faire partie des candidats poten­tiels. Pour l’heure, aucune tête de liste n’a encore émergé. Il faut dire que la « vague rose » des dernières législatives a laissé des traces. Sur trois des quatre départements de la région Poitou-Charentes, 10 des 12 sièges ont été remportés par des socialistes. « Des villes prises par surprise par un candidat peu connu, cela existe », veut pourtant croire Jean-Yves Chamard, qui a été battu en juin dans la deuxième circonscription de la Vienne. Pour un politologue local, la droite ne pourrait l’emporter qu’à une seule condition : « Qu’elle parvienne à convaincre une figure politique nationale de se présenter… » .

Ancien porte-parole de l’UDF de la Vienne, Philippe Mahou, directeur de la communication du Cned, compte lui aussi sai­sir l’occasion d’un changement d’équipe. Chef de file du groupe Poitiers 2008, qui réunit des cen­tristes du MoDem, du Nouveau Centre et « des sympathisants de droite comme de gauche », il défend une «voie équilibrée», entre les acquis du maire et les nouveaux défis de la ville. « Poitiers ne va pas devenir du jour au lendemain une ville de droite », lance ce centriste de 47 ans.

FLORENCE PAGNEUX

La Croix - 30/08/2007