Deux images se télescopent :

  • Négative:
    • L’endroit où on vient parce qu’on souffre et on meurt.
    • Un artisan du trou de la Sécurité sociale : Hôpitaux (2/3 de l’offre de soins) et cliniques représentent environ 50% des dépenses de santé.
  • Positive:
    • Au travers de ses missions :
    • On y naît, on y reçoit des soins 24h sur 24. Plans blancs en cas d’accident, de tempête, de catastrophe, centre 15, SAMU et SMUR
    • On y apprend un métier: 1 000 étudiants paramédicaux, 650 internes et étudiants en médecine. Un modèle de formation en alternance, initiale et continue.
    • On y invente la médecine de demain: protocole de soins, équipements médicaux, recherche fondamentale et clinique.
    • Au travers de son poids économique :
    • 1er employeur de la ville, du département, de la région, voire du pays après l’éducation nationale. Les salaires qu’il distribue font vivre toute une économie locale
    • Très gros consommateur: 360 Millions de dépenses (cf. document avec les chiffres) et dans tous les domaines : services, alimentation, linge, haute technologie...
    • Au travers des techniques qu’il utilise :
      Télécommunications, imagerie, informatique, électronique, automatisme, robotique...
    • Au travers de sa présence dans son environnement :
      Animations culturelles et scientifiques : conférences info-santé à l’espace Mendès France, participation à la journée de la musique, journées portes ouvertes (Urgences en 2006 plus de 2 000 visiteurs), 50 ans des CHU en janvier 2008.
      Une cité de 40 hectares avec 150 000 m² construits sur le site de la Milétrie et le site de Pasteur.

Quatre mondes différents s’y côtoient :

  • Les soins : 75% de nos moyens : Médecine, Chirurgie, Obstétrique, Psychiatrie, Moyen séjour, Rééducation, Long séjour et Hébergement des personnes âgées.
  • L’enseignement et la recherche : 10 écoles, des laboratoires, des partenariats avec les entreprises.
  • La gestion : une administration gérée comme une entreprise. Un budget, un patrimoine, des salariés, bref, la personnalité morale puisque c’est un établissement public et pas un service du ministère.

L’État lui fixe des objectifs contradictoires :

  • Toujours mieux soigner, innover, accueillir les déshérités, les sans abris, qu’ils aient ou non les moyens de payer, assumer des missions de service public qu’elles soient ou non rentables. Il est à la recherche d’un financement stable (5 réformes majeures en 30 ans)
  • Se comparer avec des entreprises privées qui fixent librement les rémunérations de leurs salariés, achètent sans contrainte et se restructurent très rapidement et avec lesquelles il est en concurrence dans tous les domaines : malades, personnel qualifié, financement.
  • Coopérer avec ses concurrents, publics ou privés
  • Abandonner des activités non rentables que l’on regroupe dans des inter-régions et éloigner les soins de la population mais pour lui garantir sécurité et efficacité. Vaut-il mieux être soigné dans sa ville par des équipes sous-utilisées et donc peu performantes ou à quelques kilomètres ?
  • Appliquer des réglementations toujours plus complexes sous de nombreux contr6les : Juge administratif, Cour des Comptes, Agence régionale de l’hospitalisation, contrôles des caisses de sécurité sociale, Trésor public, direction de la concurrence, direction régionale de l’industrie, Autorité de sûreté nucléaire et beaucoup d’autres

La production industrielle :

La plus grosse cuisine de la région, la plus importante blanchisserie, une entreprise de nettoyage qui prend en charge chaque jour 55 000 m² de locaux communs.
=> Plus de 100 métiers qui doivent travailler ensemble, jour et nuit : de l’agent de ménage sans dipl6me au spécialiste bac + 15. Des médecins, des professeurs, des ingénieurs et techniciens biomédicaux, des chefs cuisiniers, des logisticiens, 35 informaticiens, des contrôleurs de gestion, des journalistes, architectes, des prêtres, des jardiniers, des infirmières, des acheteurs, des électriciens, menuisiers, peintres, déménageurs, radio-physiciens.

Un acteur de la vie de la cité donc des liens avec les collectivités locales :

  • des élus au Conseil d’administration dont le premier d’entre eux, le Maire, président du Conseil d’administration, des représentants des Conseils municipal, général et régional.
  • des échanges de service, des partenariats, le financement de la dépendance pour le conseil général, des Écoles pour le conseil régional.
  • des problématiques communes : réglementations à appliquer : code des marchés publiques pour nos, gestions des installations classées, sécurité.

Des liens avec l’environnement :

Il génère des pollutions, consomme de l’énergie et en produit, achète des quotas de C02. Ces problèmes pourraient être envisagés par l’ensemble des collectivités publiques d’un territoire.
Il induit des flux de population quotidiens et souvent des déplacements de l’habitat qui vient s’installer autour de son nouveau site. Des dizaines de camions le desservent quotidiennement, des chantiers le défigurent en permanence mais font vivre la population locale. Les réflexions en termes d’urbanisme doivent intégrer un acteur de ce poids.

Son poids économique :

Il en fait un acteur majeur de la vie de la cité : 5 000 salariés, près de 400 Millions de dépenses annuelles.

Mais c’est avant tout un grand service public, une culture véritable du service du public, un monde encore rempli de vocations ce qui explique la souffrance e parfois l’incompréhension des soignants auxquels on parle de « clients, de rentabilité et de productivité ». Il doit poursuivre ses efforts pour mieux gérer les dépenses de santé car elles sont financées par des fonds publics, prélevés sur l’activité économique. Pour y parvenir, il réclame d’avantage d’autonomie et un contr6le, absolument indispensable, sur ses résultats, économiques, quantitatifs et qualitatifs plus que sur le respect de procédures toujours plus contraignantes.