Elle est belle, notre ville, le cœur enserré entre le Clain et la Boivre, ouverte grâce à ses faubourgs qui forment des quartiers où il fait bon vivre. Elle est pétrie d’histoire et forte de l’influence de son passé qui a dressé de magnifiques monuments et dessiné ses contours et son organisation.

Elle est riche de matière grise et de talents. C’est l’une des plus anciennes villes universitaires de France et une véritable capitale administrative. Plus comparable à Dijon ou à Aix-en-Provence, qu’à Cherbourg ou Lens.

Elle est, pour moi qui la regarde et la parcours, un admirable symbole de la ville française. Elle porte une part de l’âme de la France, faite d’équilibre, de sérénité, de bouillonnement intellectuel... avec parfois, hélas, un manque de dynamisme économique. J’y reviendrai.

Les trois villes, chères à mon cœur

Je connais bien trois villes. Tours, où je suis né. J’ai travaillé trois ans aux côtés du maire, Jean Royer, homme autoritaire, voire sectaire mais visionnaire quant à la gestion urbaine. Pour lui, Tours, entre deux fleuves est une ville de Mésopotamie (il faisait référence au berceau, entre Loire et Cher, de la société tourangelle).

Je connais bien Bayonne. J’ai travaillé huit ans à la mairie et veux rapporter les mots d’Henri Grenet : « Bayonne est une cité gasconne en terre basque ». Il soulignait là l’identité de la ville, marchande mais enracinée dans la culture si puissante du Pays Basque.

La troisième des cités que je veux évoquer, vous la connaissez bien... Et elle aussi a eu droit à un grand maire, maintes fois réélu. Jacques Santrot a voulu que Poitiers soit « un laboratoire social ». Et depuis trente ans, il élève la tranquillité en art de vivre en ville.

Les priorités pour Poitiers

SOIT ! La ville est belle et il y fait bon vivre. Pourtant, pourtant… Nous le savions confusément, Poitiers n’exploite pas au mieux ses atouts.

Vous nous le confirmez et ce sont les quatre grandes sanctions de l'enquête :

  • Elle n’est pas propre pour 62 % d’entre vous
  • Elle n’est pas dynamique (56 %)
  • Elle n’est pas moderne (67 %)
  • Elle n’est pas rayonnante (71 %)

Mesdames et Messieurs, la situation est critique, grave, mais pas désespérée.

Vous trouvez que les impôts sont trop lourds. Les contenir est pour vous LA priorité D’accord, mais moi je vous affirme que les finances sont exsangues ! Les marges de manœuvres, il n’y en a tout simplement pas. Donc il faudra en créer.

En deuxième priorité, vous évoquez l’action pour l’emploi. Oui ! le rayonnement économique de Poitiers et son dynamisme sont insuffisants. Nous devrons les susciter, les créer, avec nos partenaires naturels, la Région, le Département, la Cap, les Chambres consulaires et les syndicats professionnels. C’est le développement économique qui nous redonnera d’ailleurs des marges de manœuvre financières.

Vous évoquez enfin la circulation automobile et le stationnement, comme troisième priorité, juste avant l’environnement. C’est bel et bien le signe de la désorganisation de l’espace public. Les espaces publics sont dégradés. L’équilibre entre le centre et la périphérie n’est plus respecté. C’est pour cela que l’harmonie n’est plus de mise. Et que le lien social est distendu. Vous le soulignez dans nombre de questionnaires :

  • le sentiment de sécurité est moindre
  • le sentiment d’insécurité progresse…

Je pense que nous sommes à la fin d’un cycle, d’ailleurs évoqué par l’adjoint aux finances sur son blog en termes choisis : « une ambiance de fin de règne »… C’est la fin d’un cycle et nous devons renouveler la vitalité de Poitiers. Il nous faut retrouver la vitalité ! Avec une volonté et une action politique puissantes. Qui tiennent compte de la beauté et des atouts naturels de la ville Qui tiennent compte des attentes des habitants, de la nécessité d’assurer le développement et le rayonnement de la capitale régionale du Poitou-Charentes. Ce qui importe, c'est la vitalité !

Pourquoi est-ce essentiel ?

La cité

Pour vous faire partager ma vision de l’organisation de la cité, je vais vous infliger une citation de Rousseau : « Le vrai sens du mot cité s’est presque entièrement effacé. La plupart prennent une ville pour une cité et un habitant pour un citoyen. Ils ne savent pas que : les maisons font la ville mais ce sont les citoyens qui font la cité. » C’est dans le Contrat social au Livre I

La cité incarne en effet une conviction profondément éthique : celle qu’ensemble on peut construire une vie meilleure.

La cité est un projet politique qui repose sur le désir de citoyenneté, c’est-à-dire sur le désir des habitants de participer à l’élan collectif.

A ce titre, je reconnais au maire actuel cette vision et cet engagement. Le soutien aux associations participe de cet élan qui permet aux habitants de s’impliquer dans la ville, d’être des citoyens actifs (à la condition, bien sûr, que cette aide aux associations soit justement répartie, sur des critères objectifs et transparents).

Trois écueils à éviter

Pour retrouver les conditions de l'élan et de l'audace, nous devons redresser le tir et éviter trois écueils :

- Premier écueil à éviter, la ville qui bourgeonne sur elle-même. Ainsi le plateau, le cœur de ville, doit s’ouvrir. A cet égard, le projet « cœur de ville » va dans le bon sens. Nous le garderons.

- Deuxième écueil, inverse si vous voulez, l’extension anarchique. Saint Eloi en est un exemple : quartier quasi satellite, sans lien avec le centre, il en arrive à bourgeonner sur lui-même, à se replier à mesure qu’il grossit.

- Enfin, Poitiers !, nous devons refuser le fatalisme économique. Poitiers n’est pas une ville industrielle, dit-on. Le commerce va mal, entend-on. Je le sais. Mais il faut nous ôter de la tête certains a priori : Tours ou La Rochelle ne sont pas forcément plus attractives. Il n’y a aucune gêne qui empêche une ville universitaire et administrative comme Poitiers d’être économiquement forte et de créer des emplois, tout type d’emplois. Il faut une volonté politique forte et un travail en réseau efficace.

Du diagnostic au Projet

A partir des résultats de cette enquête, à partir des travaux de nos groupes thématiques, d’une année passée à visiter et comprendre tous les quartiers de la ville... A partir de tout cela, le diagnostic est posé et bon nombre de propositions sont esquissées.

Vous pouvez nous rejoindre, et ensemble, nous discuterons de ces éléments de programme, des projets et des solutions qui permettront de concilier, à Poitiers, bien-être et développement, pour rendre notre ville plus rayonnante. Et les Poitevins plus heureux encore.

Philippe Mahou.