poitiers polution La Loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie reconnaît à chacun le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé. Dans le cadre de ses missions de surveillance, de mesure et d’information, l’association ATMO Poitou-Charentes a installé 3 sites de mesures à Poitiers et enregistre en continu certains polluants atmosphériques comme l’ozone, les particules fines, le dioxyde d’azote et le dioxyde de soufre ; polluants dont on sait qu’ils occasionnent des gènes respiratoires voire des aggravations des maladies respiratoires et cardiovasculaires. L’indice ATMO sur l’année 2006 renseigne d’une qualité globale de l’air sur Poitiers bonne à 83% et médiocre pour 17%. Plusieurs fois en 2003 et 2005, le seuil d’information, c'est-à-dire le niveau au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé humaine des groupes particulièrement sensibles, a été dépassé pour l’ozone. Sur Poitiers, les objectifs de qualité établi par le législateur, servant à la protection de la santé, ne sont pas atteints puisque l’on totalise depuis 2003 : plus de 170 jours de dépassement pour l’ozone.

L’origine des polluants varie selon le secteur d’activité mais à Poitiers ce sont principalement les transports routiers, le secteur résidentiel et industriel et dans une moindre mesure l’incinérateur qui sont à l’origine des émissions polluant l’air. Le Lindane, un insecticide interdit en France depuis 1998, est toujours détecté dans l’atmosphère pictave même si les concentrations annuelles baissent régulièrement depuis 2003.

Dans le cadre de l’arrêté ministériel du 20 septembre 2002 qui impose à toutes les installations d’incinération d’établir une étude d’impact environnemental au voisinage, ATMO Poitou-Charentes a réalisé un rapport complet téléchargeable en ligne sur le site ATMO. Une version résumée de ce rapport est mise en ligne par la mairie – CAP. Après lecture attentive, nous confirmons que les rejets de l’incinérateur répondent bien aux normes en vigueur et que les émissions de dioxines en particulier sont faibles. Cependant, il ressort de cette étude d’impact:

  • que le nouveau quartier résidentiel de St Eloi a été construit sur la zone d’impact maximal des retombées de l’incinérateur !
  • que la signature chimique de l’incinérateur est détectée et mesurée sur les lichens du voisinage de l’incinérateur mais aussi jusque sur les lichens du Parc de Blossac. L’impact de l’incinérateur est donc sensible sur la ville de Poitiers toute entière.

Concernant l’étude d’impact de l’incinérateur, nous regrettons que l’information en ligne mise à disposition des habitants de Poitiers par la mairie - CAP soit peu lisible :

  • les cartes claires sur le rapport ATMO deviennent fausses et difficilement interprétables dans le rapport mairie - CAP,
  • les conclusions du rapport ATMO, ne sont pas reproduites dans leur intégralité et se trouvent modifiées dans le rapport mairie – CAP.

Conclusion de Philippe Mahou.

Dans ce dossier, il nous paraît nécessaire de ne pas relâcher l’effort d’évaluation de la qualité de l’air, d’améliorer le niveau de l’information disponible et de mettre en œuvre des solutions pour réduire l’impact de la pollution liée au transport et de la pollution dite « résidentielle ».

Nous proposerons des mesures susceptibles de contribuer à l’amélioration de la qualité de l’air et du cadre de vie en général dans notre « Projet pour Poitiers » en début d’année 2008.

Enfin, sur ce thème de la qualité de l’air, sur le thème plus large de l’environnement et pour l’ensemble des thématiques municipales, nous insisterons sur la démarche éthique qui doit guider la mairie :

  • rigueur et transparence de l’information
  • effort pour porter celle-ci à la connaissance des habitants.