L'actualité - mars 2010 - Poitiers 2014

mardi 30 mars 2010

Conseil municipal du 29 mars 2010 : Intervention de Philippe Mahou



Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs

Un premier mot pour remercier les services municipaux pour la qualité du travail et des documents transmis.

J’évoquerai quelques données comparatives et expliquerai ce qui motive le vote du groupe Modem et indépendants.

Manifestement les impôts locaux, la taxe d’habitation notamment, ont progressé fortement, en moyenne, partout en France en 2009. Et, effectivement, ce fut peut-être un peu plus raisonnable en termes d’augmentation à Poitiers qu’ailleurs. Encore faut-il voir d’où l’on part.

Fiscalité : l’héritage est lourd Si l’on veut donner dans la comparaison, je vous propose de partir de données incontestables, celles qui sont officielles et qui comparent la totalité des villes homogènes en nombre d’habitants. Je vous propose de considérer les comptes des communes fournis par le ministère des finances. Que disent-ils ?

Ils disent qu’en 2008 (ce sont les derniers chiffres disponibles, j’évoquerai les chiffres 2009 dans un prochain conseil municipal, quand ils tomberont). En 2008, le taux de la taxe foncière à Poitiers était de 30,70 % alors que le taux moyen, la moyenne des villes de 50 000 à 100 000 habitants, était de 23,90 %, soit un écart de 28 %. Pour la taxe d’habitation, l’écart est pire : 27,03 % pour Poitiers, 18,58 % pour la moyenne nationale soit 9 points d’écart, + 45 % au bénéfice, si j’ose dire, de Poitiers, au détriment en tout cas des Poitevins. On part, vous le voyez, de plus haut !

L’addition qui fait mal Or, que nous proposez-vous pour 2010 ? Vous nous proposez un taux de 31,72 % pour le foncier et de 27,93 % pour la taxe d’habitation. Par rapport à 2009, en termes de pression fiscale, permettez-moi d’additionner la progression moyenne des taux : + 1,3 % à la progression moyenne des bases + 1,2 %. Total : + 2,5 %. Bonus : la nouvelle taxe additionnelle de la Cap : + 0,9 %. Egal : + 3,4 % de pression fiscale supplémentaire. C'est-à-dire plus de trois fois l’inflation.

Vous nous dites que « pour conserver son pouvoir d’achat, la Ville aurait pu décider d’augmenter le taux de 1,7 % ». Merci ! Ils n’augmentent que de 1,3 % ce qui montre bien que vous vous préoccupez de la pression fiscale, et vous avez raison. Il reste que pour conserver son pouvoir d’achat, Poitiers diminue celui des Poitevins.

Pour une utilisation optimale de l’argent public La situation en France empire. Le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, dans son rapport remis le 23 février dernier évoque une paupérisation croissante des Français. « Jamais le risque de basculer dans la précarité n’a semblé si grand à autant de nos concitoyens » écrit-il. Et il évoque, je cite « la nécessité de parvenir à une utilisation optimale des deniers publics ».

Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, je préfèrerais que l’on bâtisse le budget selon une philosophie différente, c'est-à-dire sans poser comme hypothèse que la progression des taux est la variable d’ajustement. Je préfèrerais que le maire dise à ses adjoints : débrouillez-vous dans vos secteurs respectifs, je veux une augmentation égale à zéro des taux cette année.

Le pilotage est meilleur, mais… Loin de moi l’idée de donner une quelconque leçon, M. le Maire. Je sais trop la difficulté qui consiste à mener de front tous les chantiers, à soutenir nos associations, la vie culturelle, sportive, sociale de la cité et à garder le même niveau de service. D’ailleurs, je prends acte des efforts consentis.

En participant aux différentes commissions, nous voyons bien les efforts qui sont faits dans ce sens. Ainsi le niveau des subventions versées, tous budgets confondus, est-il stable. Mieux : la part des subventions dans les dépenses passe de 25 % à 24,1 %, soit une diminution de 3,9 %.

Je sais bien par ailleurs que l’augmentation automatique des dépenses de personnel liées au « glissement vieillesse technicité » représente une hausse automatique de 2 % des coûts de la masse salariale, à effectif constant et qu’il devient alors bien difficile d’équilibrer le budget.

Nous reconnaissons donc que le pilotage est meilleur que par le passé. Néanmoins, l’augmentation de la pression fiscale au-delà de celle de l’inflation n’est pas une bonne nouvelle pour nos concitoyens.

+3.4%, c’est une mauvaise nouvelle Pour finir, je vous remercie de ne pas caricaturer mon propos. Je ne veux pas brader le service rendu par la Ville, je ne veux pas priver les associations de subsides, je ne veux pas que la Ville cesse d’investir.

Je dis seulement qu’en resserrant encore un peu plus la gestion, vous pourriez proposer aux Poitevins un budget équilibré sans augmenter les taux des impôts, puisque l’augmentation des bases compense déjà celle de l’inflation.

Au regard de la nouvelle hausse des taux, nous voterons contre le budget cette année.

Merci de votre attention.

mercredi 24 mars 2010

Groupes thématiques, c’est reparti !

Hier soir au Love Money Café, Didier Longueville, animateur du groupe de travail « Transports » pour « Poitiers 2014 » a dressé l’état de notre réflexion sur la thématique des transports en commun dans la Cap et en ville.

Tramway ? l’idéal en terme d’aménagement, d’environnement et de sécurité, mais pour l’instant financièrement inabordable pour une ville moyenne.

Navette électrique gratuite ? la solution à mettre en œuvre au plus vite qui viendra compléter le dispositif Vitalis existant. A noter : l’intérêt pour les chalands et les touristes, en liaison avec les parkings tout autour du centre-ville.

Busway ? si l’on comprend bien le projet municipal il n’y a pas de quoi en faire tout un plat…

Nous préparons le compte rendu de la réunion sur lequel vous pourrez réagir.

jeudi 18 mars 2010

Pour ou contre le Busway ?

busway poitiersAnnoncé pour 2017 ou 2018 le bus à haut niveau de services couterait 11O millions d'euros à la collectivité.

Est ce la bonne solution pour desservir l'Université, la gare, les zones économiques ... pour relancer l'attractivité du centre ville, pour limiter la circulation automobile .. ?

Philippe Mahou vous propose de réfléchir avec ses invités :

- Didier Longueville : responsable de la commission transport du groupe "Poitiers 2014".

- Lionel Pierre Pierre : blogueur corrosif et observateur attentif de la vie de la cité.

Le mardi 23 mars à partir de 19h au Love Money Café, 82 rue Carnot, Poitiers. Entrée libre.

lundi 1 mars 2010

Débat sur le Projet d’Aménagement et de Développement Durable, suite.

Datant de 2008, ce projet d’aménagement et de développement durable est un document essentiel au 4ème Plan Local d’Urbaniseme de la CAP, c’est aussi un document fondateur pour tous les habitants de Poitiers. En effet, il fixe les orientations d’urbanisme et d’aménagement selon les 3 volets du développement durable : économique, social et environnemental. Trois logiques dont on sait qu’il est difficile mais vital de les engrener ensemble afin d’assurer un mode de vie responsable et vertueux pour l’Homme d’aujourd’hui et la société de demain.

A la lecture, un certain nombre de constats s’impose :

1) Ce PADD possède l’esprit philosophique du développement durable, et toute la maîtrise du champ lexical (sobriété énergétique, déplacements doux, circuits courts…), c’est un point de départ indispensable et qui est d’ailleurs partagé par tous en cette assemblée. Mais pour autant c’est le cadre opérationnel qui fait défaut :

- Localement, on projette sans véritable chiffrage, on projette sans objectifs de délai, de durée de réalisation, de mise en place. On ne fait mention d’aucune feuille de route, on ne s’impose aucune contrainte, hormis peut-être l’astreinte aux objectifs européens des 3 x 20 dont les échéances arrivent à grand pas, 2020 c’est politiquement déjà demain.

- En 2005 la CAP a fait son bilan carbone, Très bien ! Mais qu’en a-t-on fait ? Aujourd’hui, nous venons de débattre et nous avons un état des lieux très précis des finances de la ville, on a même discuté des orientations budgétaires.

Mais nous devons tendre aussi à une gestion comptable annuelle de notre empreinte carbone. Nous espérons qu’en conseil municipal les orientations, les choix d’investissement et de fonctionnement seront présentés aussi sous forme d’objectifs carbone.

En effet pour se dire responsable devant nos enfants et petits enfants, il est de notre devoir de mettre en place une véritable politique de quantification, d’évaluation et de contrôle des objectifs et réalisations développement durable. Nous regrettons que ce volet méthodes et outils n’apparaisse pas dans le Projet d’Aménagement et de Développement Durable.

2) L’esprit général du PADD va dans le bon sens et certaines orientations sont positives : repenser la place, la continuité, l’agrément qu’apporte la nature ordinaire dans la vie citadine. Repenser l’offre de transport alliant modularité et interopérabilité, disposer enfin d’une charte paysagère pour nos entrées de ville, Tendre vers l’organisation de centralité à 3 niveaux, etc...

Pour autant, des points fondamentaux manquent.

3) Comment la CAP et la ville de Poitiers vont-elles opérer leur mutation énergétique, comment allons-nous accompagner les habitants de Poitiers à la transition énergétique alors qu’on sait tous que l’avenir est à la raréfaction et au surenchérissement de toutes les énergies fossiles. Je ne vois ici aucune ambition ou volontarisme affiché de mettre en place une véritable politique énergétique décentralisée qui nous amène vers une indépendance énergétique à partir d’énergies renouvelables produites localement.

4) Les notions d’exigence et de cohérence de l’action publique doivent apparaître dans ce PADD. Ce n’est pas toujours le cas entre l’annonce et les faits. Comment pouvons nous demander aux habitants de Poitiers de s’impliquer dans le développement durable, quand nous, pouvoir publique, participons à la subvention de la Compagnie Ryanair pour plus de 500000 euros et qu’elle brade des trajets Poitiers Barcelone pour 32 euros. Des vols écologiquement irresponsables.

Pour conclure et partageant la vision responsable que porte globalement ce projet amendé de nos remarques, nous actons avoir pris part au débat.

 
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